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Appel sur le débat pour l'élaboration d'un „Code de conduite“ de la diaspora camerounaise (Mai 2010)
Appel sur le débat pour l'élaboration d'un „Code de conduite“ de la diaspora camerounaise (Mai 2010)
La diaspora camerounaise est de part ses compétences et son niveau d'organisation une des plus importante de l'Afrique. Ce dynamisme est à l'origine d'une multitude d'organisations, d'initiatives ou de projets qui donnent des vertiges. Pour cette raison, il y a à juste titre plusieurs voix qui s'élèvent pour demander plus de coopération ou une forme de forum où toute la diaspora pourrait s'articuler. Des efforts dans ce sens ont lieu avec plus ou moins de succès sans cependant vraiment mobiliser toute la diaspora. La diversité de la diaspora est bonne et il faut la préserver. Un modèle de coopération qui pourrait regrouper tous les membres et toutes les organisations de la diaspora sans porter préjudice à leur spécificité, identité ou orientation: Il s'agit d'un «code de conduite». Ce «code de conduite» apolitique devrait contenir un catalogue de règles qui d'une part harmoniserait les actions des organisations et membres de la diaspora et d'autre part il leur donnerait un caractère normatif. Au regard de la diversité de la diaspora camerounaise particulièrement en qui concerne ses orientations politiques ou ses rapports avec le régime en place, vouloir créer une organisation confédérale de la diaspora serait pénible et peu recommandable. Par contre, un «code de conduite» établi sur la base participative pourrait servir de dénominateur commun sans que les acteurs soient obligés d’agir au sein d’une organisation commune. Cette méthode est moins contraignante car basée sur la libre volonté des acteurs, mais elle a déjà fait ses preuves sur la scène internationale que ce soit le dans le cadre de l'Union Européenne ou des Nations Unies.
Le processus pour établir et adopter ce code sera long car il devrait être participatif et prévoir des méthodes de suivi et d'évaluation. Le code ne devrait pas être très long, c'est-à-dire vouloir toucher tous les domaines et cela en détail. Les règles de ce code doivent être claires, précises et leur respect devrait être mesurable. On peut penser aux domaines comme le développement durable y compris la protection de l'environnement, la corruption, les traditions et pratiques désuètes ou les rapports entre les organisations de la diaspora. Il ne s'agira pas de réinventer la roue, mais de s'appuyer sur les dispositions internationales et nationales existantes en mettant des accents propres à la diaspora camerounaise. Le grand risque d'un tel projet est la politisation. En ce sens, il devrait être clair d'entrée de jeu qu'il s'agit d'un projet apolitique qui a pour seul et unique objectif de rendre les activités des membres et organisations de la diaspora plus cohérentes et crédibles dans le respect des normes légales en vigueur.
Concernant les méthodes de suivi, il y a deux formes qui sont envisageables. La première consisterait à laisser cette tâche aux pairs donc aux organisations de la diaspora elle même. La deuxième consisterait à laisser l'évaluation à un organe indépendant. Une institution chargée de l'étude de la diaspora camerounaise peut s'en occuper. De toute façon, la diaspora camerounaise a besoin d'une institution de recherche qui devrait à travers des études interdisciplinaires accompagner le dynamisme de cette communauté. Le Centre d'Études et d'Information sur la Diaspora Camerounaise en abrégé CEIDIC est en cour de création. Par le biais d'un processus de comparaison (benchmark) et du classement (ranking) annuel, on pourrait par l'effet de concurrence stimuler le respect du „code de conduite“ de la diaspora. Le «code de conduite» devrait aussi apporter plus de transparence dans le travail des organisations de la diaspora car elles seront tenues d'écrire des rapports compréhensibles et vérifiables. Ainsi, il sera possible de mieux mesurer leur impact sur le développement du Cameroun et l'intégration dans les sociétés d'accueil.
Pour élaborer et adopter ce code, il n'est pas nécessaire de créer un forum supplémentaire. Il peut être discuté dans le cadre des forums existants. La coordination peut être assurée par une des organisations de la diaspora qui a déjà fait ses preuves. L’auteur du présent appel n’émet aucune intention de jouer un rôle prééminent dans le leadership de cette initiative. Autrement-dit, toute personne ou organisation peut prendre les devants de la scène, c’est la fin qui importe.
Tangang Meli Loumgam, M.A. Steinheilstr. 10 D-97080 Würzburg tangangmeli@gmail.com

